Tristan Tzara, Phases

Illustrations réalisées autour des textes du recueil Phases de Tristan Tzara.

"les fenêtres portent des œillères le printemps on me l'a volé le cheval trotte à ma tempe le silence dans la chambre c'est bien vite dit merci à la pierre au sommeil la nuit même désespère d'arriver au bout des peines je ne suis plus de ce monde le vent vide les images et la proie se rit de l'ombre où s'égarent les rêveuses"

« les fenêtres portent des œillères
le printemps on me l’a volé
le cheval trotte à ma tempe
le silence dans la chambre
c’est bien vite dit merci
à la pierre au sommeil
la nuit même désespère
d’arriver au bout des peines
je ne suis plus de ce monde
le vent vide les images
et la proie se rit de l’ombre
où s’égarent les rêveuses »

"que fais-tu j'arrête le vent où dors-tu dans une tête étrangère"

« que fais-tu j’arrête le vent
où dors-tu dans une tête étrangère »

"ni les yeux ne savent que dire ni les pas mener à bien l'aventure de poussière le soleil fou dans les vignes si de toutes les démarches tu choisis la plus fragile dégrafée au col neigeux l'aube noire aux chevilles c'est sous d'anciennes herbes que par des chemins de chèvres perce une voie imaginaire où la mer au feu se mêle"

« ni les yeux ne savent que dire
ni les pas mener à bien
l’aventure de poussière
le soleil fou dans les vignes
si de toutes les démarches
tu choisis la plus fragile
dégrafée au col neigeux
l’aube noire aux chevilles
c’est sous d’anciennes herbes
que par des chemins de chèvres
perce une voie imaginaire
où la mer au feu se mêle »

"mers — aux portes de vos battements j'ai saisi le flux des ailes à l'instant de transparence (…) plénitude des foules amples pour avoir bu à vos sources j'ai cru voir aller ensemble le soleil et l'avenir"

« mers — aux portes de vos battements
j’ai saisi le flux des ailes
à l’instant de transparence
(…)
plénitude des foules amples
pour avoir bu à vos sources
j’ai cru voir aller ensemble
le soleil et l’avenir »

"j'ai brisé l'hiver des choses secoué le rire du pommier les miroirs se sont ouverts aucun feu ne nous fait peur le cheval devant la porte et l'attente dans la chambre où se cherchent inconstantes nos misères nos révoltes l'aube a frôlé les vagues de sa robe de rafales ensevelissant les larmes au passé impardonnable souris souris le soleil aveugle"

« j’ai brisé l’hiver des choses
secoué le rire du pommier
les miroirs se sont ouverts
aucun feu ne nous fait peur
le cheval devant la porte
et l’attente dans la chambre
où se cherchent inconstantes
nos misères nos révoltes
l’aube a frôlé les vagues
de sa robe de rafales
ensevelissant les larmes
au passé impardonnable
souris souris
le soleil aveugle »

"autour de la tienne tant d'autres vies s'éteignent que nuit tombe avant l'heure et tu songes aux brisures des feuilles vives ce sont lampes en déroute les amours à la dérive toutes toutes les eaux claires la lumière les hivers mouture de mort lente seul un brin de paille rompe le désert que cela suffit va ma joie nouvelle mon enfant ma peine l'air s'emplit d'attente"

« autour de la tienne
tant d’autres vies s’éteignent
que nuit tombe avant l’heure
et tu songes aux brisures
des feuilles vives
ce sont lampes en déroute
les amours à la dérive
toutes toutes les eaux claires
la lumière les hivers
mouture de mort lente
seul un brin de paille
rompe le désert
que cela suffit
va ma joie nouvelle
mon enfant ma peine
l’air s’emplit d’attente »