Tristan Tzara, Parler seul

Illustrations réalisées autour des textes du recueil Parler seul de Tristan Tzara.

"encore je n'ai rien dit mais je n'en pense pas moins boire une tasse de thé gagner du temps au joue petit visiter les magasins gaspiller le sucre de son rire donner à boire aux malades trotter menu taire les roches avertir la fumée dénouer les papillons de fraternité dénombrer les orties deviner les stores qu'est-ce que cela nous cache avec un goût de mille ans dans la bouche" Les Mots de paille, 8

« encore je n’ai rien dit
mais je n’en pense pas moins
boire une tasse de thé
gagner du temps au joue petit
visiter les magasins
gaspiller le sucre de son rire
donner à boire aux malades
trotter menu
taire les roches
avertir la fumée
dénouer les papillons de fraternité
dénombrer les orties
deviner les stores
qu’est-ce que cela nous cache
avec un goût de mille ans
dans la bouche »
Les Mots de paille, 8

"libre à toi libre à moi de n'avoir ni joie ni flamme tous ensemble et chacun pour soi piaille fille de personne fais la branche fais la planche je sauterai par-dessus ou marcherai entre les jambes d'un seul rire écartelé l'une est noire l'autre aurore qu'est-ce que c'est celle qui rit de ne pas pleurer celle qui pleure de ne pas aimer coccinelle au bout du nez" Les Mots de paille, 10

« libre à toi libre à moi
de n’avoir ni joie ni flamme
tous ensemble et chacun pour soi
piaille fille de personne
fais la branche fais la planche
je sauterai par-dessus
ou marcherai entre les jambes
d’un seul rire écartelé
l’une est noire l’autre aurore
qu’est-ce que c’est
celle qui rit de ne pas pleurer
celle qui pleure de ne pas aimer
coccinelle au bout du nez »
Les Mots de paille, 10

"dépêchez-vous dépêchez-vous l'acrobate sur la corde transpercé de part en part une aiguille au bout du monde fait éclater la lumière c'est un oiseau de sel brisant la nuit et la liberté se répand comme du lait comme du sang" Les Mots de paille, 11

« dépêchez-vous dépêchez-vous
l’acrobate sur la corde
transpercé de part en part
une aiguille au bout du monde
fait éclater la lumière
c’est un oiseau de sel
brisant la nuit
et la liberté se répand
comme du lait comme du sang »
Les Mots de paille, 11