La Seconde Guerre mondiale par les caricatures de presse

Apparue dans la presse au XIXe siècle, la caricature a pour but d’amuser les lecteurs avec l’actualité, tout d’abord dans des magazines satiriques puis dans des rubriques dédiées de la presse quotidienne. La spécificité de la caricature est justement son mode de diffusion : la presse. Les quotidiens ou hebdomadaires dans lesquels elles apparaissent sont tous affiliés politiquement et disposent ainsi d’un public complice, partageant les mêmes référents culturels et enclin à s’accorder avec la ligne du journal. D’autre part, s’agissant d’un dessin, la violence peut y être cruelle et explicite sans risque de choquer ou révulser puisque détache du réalisme. Le dessin de presse commence par se nourrir de références culturelles compréhensibles uniquement par les initiés, les gens partageant la même culture que le dessinateur et qui lise le journal dans lequel il dessine. Peu à peu, la caricature s’ouvre à un public plus large et a recours à des procédés comiques plus populaires comme l’animalisation ou le comique de situation. Bien sûr, en temps de crise, comme lors de la Première Guerre mondiale, le dessin de presse sert à la propagande. Il est tour à tour le chantre de l’union nationale et du don de soi à la patrie ou le comique qui ridiculise l’ennemi.

Le présent dossier s’attache à recenser typologiquement les caricatures de presse publiées entre 1939 et 1945, principalement au Royaume-Uni, mais aussi en Russie, dans la France occupée, au Canada, aux États-Unis et en Australie. Les images de cette époque exploitent les mêmes ressorts comiques que celles qui les ont précédées au cours des XIXe et XXe siècles : j’aborderai tout d’abord l’usage des emblèmes nationaux et des figures des chefs d’États, puis celui des phénomènes d’animalisation, et enfin celui des référents folkloriques et mythologiques.

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