Dada s’en va-t-en-guerre

Dada s’en va-t-en-guerre, le XXe siècle par les yeux de Tristan Tzara.

Quelle étrange époque que le XXe siècle et quel étrange mouvement que Dada !
Habituellement, ce mouvement est présenté comme révolutionnaire d’un point de vue esthétique et surtout comme éphémère, ne devant que le temps de se fondre dans le Surréalisme.

Certes, il est le précurseur du Surréalisme, mais il ne disparaît pas à l’intérieur de celui-ci, pour des raisons diverses, et notamment une différence d’esprit et de posture. Dans les expositions Dada, il manque généralement l’aspect politique et d’actualité de l’époque qui a vu sa naissance. Il manque le contexte (le contexte de création étant un aspect essentiel de l’oeuvre si l’on veut en comprendre la porté et la force, comme le mettent en évidence P. Francastel et M.-J. Mondzain), et en ce qui concerne l’Art, et Dada plus encore, c’est pourtant l’essentiel.

Vouant personnellement une véritable passion à la personne de Tristan Tzara, créateur du mouvement dadaïste, mais également personnalité complexe et par bien des aspects «symptomatique» du XXe siècle, j’ai choisi d’axer mon exposition autour de sa personne. Né en 1916 sous la plume de Tristan Tzara, Dada bouleverse l’histoire de l’art en faisant descendre de force l’art dans l’arène de la vie. L’art devient à cet instant précis un acte politique, un miroir tendu à son temps. Tristan Tzara est lui-même un miroir du siècle où il vécut : étudiant rebelle des confins de l’Empire austro-hongrois, de confession juive, laïc, résistant, communiste pour un temps, promoteur de la « négritude », il fut de presque tous les fronts. À la fois témoin et narrateur, c’est à travers ses yeux que la présente exposition vous propose de revivre le XXe siècle en mettant face à face événements politiques et oeuvres d’art.

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